COMPRENDRE LA PRÉCARITÉ
ALIMENTAIRE ET SOCIALE ÉTUDIANTE EN FRANCE
Vous êtes peut-être parent, grand-parent, membre d’une association, donateur ou simplement citoyen concerné. Et vous vous dites : « Oui, les étudiants ont des difficultés, je l’ai entendu », mais savez-vous véritablement combien et comment ces difficultés s’expriment ? Honnêtement, les chiffres sont plus parlants – et plus inquiétants – que ce que l’on imagine. On vous explique les enjeux, sous une lumière un peu crue, et puis on repart vers la solution (« OK, mais qu’est-ce qu’on fait ? ») grâce au parrainage solidaire.
Le constat : la précarité alimentaire étudiante, un phénomène réel
Le saviez-vous ? Près d’un étudiant sur cinq recourt à l’aide alimentaire en France.
Et ce n’est pas tout :
36 % des étudiants déclarent sauter des repas par manque d’argent, et ce chiffre monte à environ 60 % parmi les plus vulnérables.
Une étude montre que trois quarts des étudiants disposent de moins de 100 euros de « reste à vivre » par mois à la fin de leurs charges.
Qu’est-ce que la « précarité alimentaire et sociale » ? (et pourquoi « et sociale » aussi)
Quand on parle de précarité alimentaire, on pense au repas sauté, à la ration réduite, à l’alimentation qui devient « juste pour tenir ».
Mais ce n’est pas uniquement ça :
Alimentation réduite : quantité, qualité, diversité s’effritent. Par exemple, 27,5 % des étudiants ont limité la qualité ou la diversité de leurs repas selon une enquête de Santé Publique France. Manger des pâtes midi et soir n’est bon ni pour la santé physique, ni pour la santé mentale.
Vie sociale impactée : un étudiant qui doit choisir entre « payer le loyer » ou « manger un vrai repas » abandonne souvent les sorties, l’entretien de relations, le sport, la culture. Isolement garanti et impact sur la santé mentale.
Logement & charges : Le logement est souvent la mère des batailles. Loyers élevés, charges additionnelles, ressources limitées : tout cela entre en jeu.
Support minimal : Même lorsqu’ils font appel à des dispositifs d’aide, les étudiants peuvent ne pas être éligibles ou ne pas être suffisamment informés.
Donc, on ne parle pas juste de faim, mais d’un ensemble d’éléments qui se combinent : alimentation + logement + isolement + manque de ressources + pression psychologique.
Pourquoi cette forme de précarité explose ? Quelques causes
Voici quelques « ventouses » qui accrochent cette situation :
L’inflation, en particulier sur les denrées alimentaires et les loyers, ronge le budget des étudiants. Par exemple : 60 % disent que l’inflation a modifié leur recours à l’aide alimentaire.
Les bourses, aides et dispositifs n’ont pas forcément suivi la hausse des coûts (ou ne sont pas bien connus).
Le logement étudiant se raréfie ou devient cher, et beaucoup doivent passer par le parc privé.
Le public étudiant n’est pas homogène : certains travaillent en parallèle de leurs études, d’autres sont éloignés de leurs familles, sans filets. Cela multiplie les risques.
En résumé : on a une génération qui, souvent pour la première fois, se retrouve adulte à plein temps, mais avec des moyens souvent d’enfant, ou de tout-juste-adulte.
« Oui mais leurs parents les aident, non ? » — Cette croyance à nuancer
C’est un réflexe naturel : on se dit que l’étudiant·e a forcément un parent ou une famille pour l’aider, donc ce n’est pas « vraiment » de la précarité.
En réalité, ce n’est pas si simple.
D’abord, oui, beaucoup d’étudiants reçoivent une aide parentale : selon une source, 46 % des étudiants déclarent que les aides de leurs parents représentent plus de la moitié de leurs ressources.
Mais cette aide n’est pas automatique ni suffisante :
Certains parents ont des ressources très limitées, (cf l’inflation galopante des dernières années) et donc ne peuvent pas compenser la hausse des charges étudiantes.
Quand l’étudiant vit loin du domicile familial (études dans une autre ville, logement indépendant), l’aide peut devenir très difficile à mobiliser. Le fait de « découvrir » l’autonomie entraine des coûts plus élevés.
L’aide parentale ne couvre pas toutes les dimensions : même avec des parents aidants, les loyers, transports, alimentation, matériel d’étude, sont autant de postes en tension.
Ensuite, en France le système reste très marqué par cette logique de « familialisation ». Alors que dans certains pays, européens par exemple, les aides ne dépendent plus des ressources parentales, ce qui réduit la précarité étudiante.
Donc, « les parents les aident » ne suffit pas à garantir une vie étudiante sans risque. Il y a un ensemble de facteurs qui rendent l’aide familiale fragile, partielle, voire impossible dans certains cas. C’est pourquoi parler uniquement des « parents qui aident » passerait à côté d’une réalité beaucoup plus large.
Pourquoi c’est un problème pour tous ? (et pourquoi vous, vous pouvez agir)
Vous vous demandez peut-être : « Mais pourquoi est-ce que moi je devrais m’en inquiéter ? »
Plusieurs réponses :
C’est un problème de justice sociale : accéder à l’enseignement supérieur ne devrait pas rimer avec « réduire la voilure » sur l’essentiel, la nourriture, le logement, la santé.
C’est un problème de réussite : un étudiant qui saute des repas a plus de chances d’être fatigué, d’avoir du mal à se concentrer, voire d’abandonner son cursus. Ce n’est pas seulement moral, c’est pragmatique.
C’est un problème de cohésion : imaginer une société où une partie des jeunes vit à la limite, c’est risquer d’augmenter l’isolement, la fracture générationnelle, et la perte de chances.
Enfin, vous pouvez agir : c’est là qu’intervient le rôle du parrainage solidaire de proximité. Ce n’est pas uniquement un micro-geste isolé, c’est un engagement humain (et concret) qui connecte générations, expérience, savoir-être, disponibilité.
Le parrainage solidaire étudiant : une réponse concrète
Alors, parlons de 1CabasPour1Étudiant. Vous avez déjà entendu parler de ce type d’initiative : un·e étudiant·e en précarité est accompagné·e par un·e parrain-marraine qui lui apporte un soutien : aide alimentaire, écoute, soutien moral, loisirs partagés…
Mais pourquoi ce mode d’action ? Et qu’est-ce que cela change ?
Le parrainage ne remplace pas les aides alimentaires, l’APL ou les bourses – mais il complète. Il apporte du lien, de l’humain, un pont entre deux mondes.
Il permet d’aborder la précarité dans sa globalité : on ne se limite pas au don régulier de nourriture (les fameux cabas), on ouvre la discussion sur les conditions de vie, le cursus, les ressources, les aspirations.
Il crée une dynamique positive : l’étudiant·e ne se sent pas seul·e face à ses difficultés. Le parrain-marraine, généralement une personne expérimentée, devient repère, ressource.
C’est un moyen de prévention : en brisant l’isolement, en offrant des repères, on réduit le risque d’abandon des études, de malaise psychologique, ou d’échec.
Si vous souhaitez en savoir plus, nous vous invitons à consulter cette page dédiée : Devenir parrain·marraine
Ce que chacun peut faire – et pourquoi vous avez un rôle
Voici quelques pistes concrètes :
Pensez à devenir parrain-marraine (vous avez le temps, l’expérience, l’envie ?) : c’est un impact direct.
Faites connaître l’association dans votre cercle (amis, voisins, collègues) : plus de relais = plus de chances. Vous pouvez commander gratuitement nos affiches et flyers sur notre site, pour les déposer dans votre entreprise, votre club de sport, votre mairie ou la salle d’attente de votre médecin.
Soutenez financièrement l’association 👉 Je fais un don
Et, dans votre quotidien, soyez attentif·ve : vous croisez peut-être un·e étudiant·e en galère sans le savoir. Un geste simple, un mot, un lien peuvent tout changer.
Conclusion – un appel à l’humanité
La précarité alimentaire et sociale étudiante n’est plus un « problème d’actualité ». Elle ne date pas du Covid, elle est bien antérieure. C’est une réalité qui frappe ici et maintenant, en France, dans nos villes universitaires.
Mais ce n’est pas une fatalité. Vous, nous, ensemble, avons les moyens d’être partie de la solution. Le parrainage solidaire de proximité d’étudiants n’est pas une baguette magique – mais c’est une clé humaine. Une clé pour ouvrir une porte qui était jusque-là verrouillée par l’isolement, la fatigue, la précarité. La porte de l’égalité des chances.
Si vous souhaitez franchir ce pas, rejoindre cette communauté, orientez-vous vers le formulaire d’inscription.
Merci d’avoir pris le temps de nous lire.
Merci de penser à ces jeunes, à ces étudiant·e·s, et à leur potentiel.
Ensemble, on peut changer les conditions de vie, et redonner de l’espérance.